5ème Dimanche du Temps Pascal - Année A

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5ème Dimanche du Temps Pascal - Année A

En tant que geek, j’ai toujours beaucoup aimé les mises à jour logicielles !  

Elles sont prometteuses de fonctionnalités nouvelles et mettent en valeur l’appareil que je possède. Voilà une logique très consumériste et commerciale qui a toujours tenté de me séduire… Le fait est qu’elle a aussi ses limites. Car, à un moment ou à un autre, mon téléphone finira par ne plus recevoir aucune mise à jour. Il aura gardé le nom et la fonction de téléphone, mais en aura finalement perdu l’image d’attrait moderne et efficace. Il finira obsolète. 

Et en ce temps de l’Église, alors que nous célébrons un Christ que nous n’avons jamais rencontré en chair et en os, alors que les conférences et les liturgies abondantes se font plus rares, aurions-nous l’impression nous aussi de devenir un peu obsolètes, laissés sans plus aucune attention ? Serions-nous en fait moins aimés de Dieu que les apôtres, ou que d’autres témoins de la foi accordés en permanence au Christ dans son Église ?

Non, bien sûr ! Et nous devrions même plutôt rendre grâce à Dieu pour tout ce que l’événement pascal continue de produire en nous de don et de promesses. 

Il y a trois motifs d’action de grâce qui nous aident à considérer la sollicitude toujours actuelle de Dieu à notre égard : 

Au Père, parce qu’il nous a fait le don de son Fils bien-aimé. 

Au Fils, parce que sa Passion, sa mort et sa résurrection nous transforment pour devenir comme lui, une offrande au Père. 

À l’Esprit, parce qu’il nous enracine quotidiennement dans le témoignage de Jésus pour nous faire édifier l’Église.  

Au Père parce qu’il nous a fait le don de son Fils bien-aimé. 

« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » dit Jésus à Thomas juste avant sa Passion. Quel don incommensurable que celui de la vie de Jésus ! Le temps de Pâques qui dure 50 jours consiste précisément en un temps de relecture, durant lequel nous sommes invités à goûter et discerner en Église chacun des effets de la résurrection. Et cela peut nous amener à remercier Dieu pour tout ce que nous avons reçu. La louange est d’abord ce pour quoi l’homme est fait. Le premier motif d’action de grâce va donc à Dieu le Père, car il a voulu se faire connaître à travers le témoignage de la vie de Jésus, son Fils. Je dis bien « se faire connaître » car rencontrer Jésus, c’est voir vraiment voir qui est Dieu. « Celui qui m’a vu a vu le Père. » proclame Jésus à Philippe. Autrement dit, voir et contempler Jésus, communier à sa vie par les sacrements, la prière de Parole et la vie fraternelle, c’est voir simplement et dès ici-bas, voir Dieu. Oui, il nous faut d’abord rendre grâce au Père, parce que, miséricordieusement, il a souhaité nous parler, non pas pour nous dire quelque chose, comme cela en passant, mais pour se dire. Le Père se dit dans la personne de Jésus, qui est pour nous chemin, vérité et vie. 

Et nous savons aussi que ce témoignage fonctionne ! Ce qui doit nous amener à une seconde action de grâce. 

Au Fils, parce que sa Passion, sa mort et sa résurrection nous transforment pour devenir comme lui, une offrande au Père. 

Nous devons ensuite rendre grâce à ce Fils, l’envoyé du Père dans notre chair, qui a consenti à descendre jusqu’à nous, dans notre condition humaine, dans notre condition de créatures, dans le but de nous faire devenir semblables à lui, c'est-à-dire pour devenir d’autres offrandes au Père. Jésus a ce titre de premier-né d’entre les morts (1 Col 18, 1) qui nous aide à comprendre vraiment pourquoi il se dit chemin, vérité et vie. Par sa communion exclusive avec Dieu et alors qu’il était également homme, il était le seul à pouvoir renouveler notre nature humaine, jusqu’à en faire un lieu définitif de disponibilité à l’amour divin. « Personne ne va vers le Père sans passer par moi. » (Jn 14, 6). Par sa mort et sa résurrection, Jésus, le premier, a ouvert un chemin qui peut nous relier entièrement à Dieu dans l’Esprit. C’est de cette façon que tous les baptisés, reliés comme un corps à leur tête, sont, comme nous l’avons entendu de l’apôtre Pierre, « un peuple destiné au Salut » (1 P 2, 9). 

En effet, par le baptême nos existences sont vraiment devenues compatibles, et de manière irrévocable, avec la vie en Dieu. Et le temps pascal représente bien le moment solennel pour enfin décider de ré-collaborer avec cette comptabilité qui nous sauve et qui a été laissée par Jésus lui-même dans notre chair. Il nous a en fait disposés à mener une existence semblable à la sienne, qui rend la nôtre éternellement présente à son Père. Finalement, nous pouvons dire que Jésus est parti sur la croix nous préparer une place, comme il le dit, afin que là où il est, nous soyons nous aussi, afin que le Père qui est en lui, fasse ensuite par nous « ses propres œuvres » ! 

Rendons grâce parce que Dieu a donc voulu nous aimer du même amour dont il dispose envers son Fils éternel et bien-aimé. Ce n’est pas un amour dégradé car, dans le Fils, nous sommes aimés de la même façon que Dieu aime Jésus. Et c’est ainsi que nous ferons des œuvres encore plus grandes que les siennes. 

La troisième action de grâce… 

À l’Esprit, parce qu’il nous enracine quotidiennement dans le témoignage de Jésus pour nous faire édifier l’Église.  

Cette vie chrétienne, vie filiale d’accès direct à Dieu, nous permet donc de vivre et de témoigner ici-bas et au présent du même amour qu’il y a entre Dieu et Jésus. Cela veut dire que ce que Jésus a initié lorsqu’il était dans sa chair, nous pouvons le continuer dans le temple de son corps qui est l’Église, tout comme il l’a commencé. Enfin, rendons donc grâce à l’Esprit saint, parce qu’il parle à nos cœurs, pour qu’ils recherchent en eux-mêmes chaque jour la vie de Jésus, pour qu’ils vivent toujours accordés à la foi. 

Car qui laisse l’Esprit entretenir sa foi, le laisse encore lui donner une place dans l’Église. Qui laisse l’Esprit entretenir en lui le souvenir ardent de Jésus et de tout ce qu’à déjà fait l’Esprit-Saint trouve ensuite la force de discerner ses propres charismes et à la mission de l’Église.  

Que cette eucharistie nous aide à rendre grâce au Père, au Fils et à l’Esprit-Saint, afin que la foi en Jésus et sa résurrection nous tournent ensemble vers celles et ceux qui ne se sentent pas aimés de Dieu. Tel est notre appel et notre dignité pour aujourd’hui.